les oiseaux du refus
par Melle Rachida Mohammedi - (traduit de
l'arabe)
Toutes les questions relatives à l'identité d'une nation, souvent négligées, tournent autour du fait de savoir comment extirper les
herbes du doute qui remettent en cause l'identité .
Les cinq sens d'une nation doivent être redéfinis sur de nouvelles strates civilisationnelles qui doivent recouvrir des dimensions des chantiers historiques, là ou nos laboratoires culturels
et nos formes urbaines sont soumis à la nécessité de survivre, rien que pour notre chère patrie.
Dans le calcul de l'aptitude à la vie, la spécificité de chaque pays, sa mosaïque, est la capacité à se développer plus vite que les autres. Dans notre pluralisme réside notre salut, et dans notre
divergence d'avantages de possibilités, une dissection pour connaître les causes de notre disponibilité positive et négative. A ce moment-là, notre étonnement disparaît dans notre manière de
traiter les réponses esthétiques et culturelles aux questions de forme et de fond, et aux contenus des contours de notre ouverture permanente à la souveraineté du lieu et des mentalités pour le
moins ...
Je pense fermement que nous sommes un peuple à l'humeur instable. Cela signifie qu'une partie de nous-mêmes, faite de notre sang et notre chair, nous devons tous interpeller sa conscience, la
prendre en main et pourquoi pas baisser son narcissisme ?!
Parce que cette minorité esthétique et culturelle est pleine de chants à venir.
L'artiste, l'intellectuel, l'artiste cultivé et l'intellectuel cultivé sont notre acquis hormonal qui départage notre origine et notre devenir. Si nous voulons une
nation en bonne santé, ce sont eux les "oiseaux" du refus qui tournent la roue du changement,
comme le clônage par le feu des
couleurs de l'artiste sensuel, le très algérien Abdelali Mouada.
Les fondements d'une nation sont donc : le
mystère du musicien qui transforme sa toux en une symphonie de nos tristesses, le mystère du peintre qui transforme le café renversé par erreur en une matière première pour colorier les parois du
coeur, le mystère de la plume qui tente de parfaire le langage d'une poétesse comme moi : "Le plus connu d'entre nous est celui qui a le plus besoin de sel et de pain".
-Journal AL-AHRAR - samedi 27
février 1999